IA : est-ce vraiment la fin de l’inclusion numérique ?
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Mise à jour dans la base Société Numérique par Thomas Macaluso
Publiée le 22.07.2026

IA : est-ce vraiment la fin de l’inclusion numérique ?
Cette ressources fournit des éléments synthétiques qui montrent, à ce stade, que l’IA générative ne comble pas le besoin d’inclusion numérique de la population.
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L'ambition de l'inclusion numérique
L’inclusion numérique ambitionne de lutter contre les inégalités (socio)numériques présentes dans notre société. Cela consiste aujourd’hui, depuis la diffusion massive des infrastructures (connexion Internet) et équipements numériques, à permettre à toutes et tous, sans distinction, de s’approprier les technologies numériques pour accroître son bien-être et son pouvoir d’agir dans le quotidien au sein d’une société numérisée.
Trois éléments qui montrent, à ce stade, que l’IA générative ne comble pas le besoin d’inclusion numérique de la population
L’IA ne semble pas favoriser l’appropriation du numérique par l’ensemble de la population
Malgré l’essor de l’usage de l’IA générative (48% des Français sont concernés, soit + 28% en 2 ans*), les indicateurs historiques de l’appropriation numérique de la population ne bougent pas. En effet, dans l’édition 2026 du Baromètre du numérique, on a toujours 1 Français sur 3 qui estime que le numérique ne facile pas sa vie quotidienne (60% des non-diplômés) et 22% qui estiment manquer de maîtrise pour utiliser les outils numériques (1er frein à l’usage). De nouveaux indicateurs adressant spécifiquement l’impact de l’IA générative sur l’utilisation du numérique de la population seront disponibles dans les prochaines éditions du Baromètre du numérique.
L’éloignement numérique est un phénomène social, la réponse ne peut pas être exclusivement technique
Les individus avec peu de capitaux culturels, les moins diplômés, sont les plus touchés par les difficultés d’usage du numérique, notamment parce qu’ils entretiennent un rapport distant à l’écrit**. Or, le prompt de l’IA générative accentue la place de l’écrit dans l’usage numérique, et de manière très codifiée. Qu’en est-il du prompt par saisie vocale ? Là encore des barrières persistent, car ce dernier nécessite tout de même de savoir formuler des instructions claires et codifiées adaptées à une IA générative : il faut avoir « les codes » (socioculturels ici). Cette capacité à formuler les bonnes instructions, et de la bonne manière, peut par ailleurs s’avérer encore plus difficile dans un contexte où les individus sont dans un état de stress et d’anxiété avéré, comme dans le cas des démarches administratives en ligne (la peur de commettre une erreur est la première difficulté évoquée par les Français dans le cadre e-administratif*).
L’appropriation du numérique par le public cible de l’inclusion numérique passe nécessairement par l’humain : l’IA ne remplacera pas les médiateurs numériques
L’appropriation des technologies numériques repose sur une composante psychosociale forte***. D’une part, le besoin de réassurance des bénéficiaires est très important dans un rapport au numérique qui est souvent dominé par la peur, le stress et des craintes diverses. D’autre part, être équipé et posséder un certain nombre de compétences techniques est une condition nécessaire mais pas suffisante pour s’approprier les technologies numériques : il faut que l’individu perçoive un sentiment d’utilité et qu’il ait confiance en ses propres capacités à se servir du numérique comme un vecteur d’opportunité dans son quotidien. Ces dimensions subjectives du rapport au numérique jouent un rôle crucial dans les dynamiques d’appropriation des technologies numériques, or l’autoformation par l’IA générative ne permet pas d’adresser ces dimensions. Sans compter que les actions de médiation numérique permettent en outre aux individus de développer une culture numérique plus large qui sous-tend des usages plus éclairés à partir d'un regard réflexif sur les enjeux de société posé par le numériques. L’IA générative peut-elle en dire autant ?
Sources :
*Arcep, Arcom, CGE, ANCT, Baromètre du numérique, édition 2026.
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